Poivrier du Sichuan (sansho) : semis, culture en pot et récolte

Rameau de sansho portant des épines par paires à la base des feuilles

Trempez les graines 24 h, gardez-les 3 mois vers 4 °C dans du sable humide, puis semez-les à 0,5 à 1 cm de profondeur, vers 18 à 22 °C. La levée prend 1 à 3 mois, parfois un an. Le jeune sansho passe son premier hiver en godet sous châssis froid, puis rejoint la pleine terre. Pour récolter ses coques en octobre, il faut un pied femelle et un pied mâle à proximité.

Semer le sansho après trois mois de froid

La graine du sansho est noire et dure. Elle ne germe pas sans un passage au froid humide, qui remplace l’hiver. Prévoyez donc ce délai : des graines mises au réfrigérateur début décembre se sèment début mars.

  1. Laissez tremper les graines une journée entière, 24 h, dans de l’eau tiède.
  2. Enfermez-les dans un sachet de sable à peine humide et rangez-le 3 mois au réfrigérateur, vers 4 °C.
  3. En mars ou en avril, semez-les dans un terreau de semis, recouvertes de 0,5 à 1 cm.
  4. Tenez la terrine entre 18 et 22 °C, à la lumière mais sans soleil direct, le terreau juste humide.
  5. Patientez : la levée prend 1 à 3 mois, et certaines graines attendent un an.

Ne videz pas la terrine si rien ne sort au bout de trois mois. Les plantules arrivent en ordre dispersé, quelques-unes d’abord, d’autres bien plus tard. Gardez-la à peine humide jusqu’au printemps suivant.

Sans réfrigérateur, semez en octobre ou en novembre et laissez le pot dehors tout l’hiver. Le froid naturel fait le même travail, au rythme des saisons. Semez toutes les graines du sachet de poivrier du Sichuan : vous aurez besoin de plusieurs plants pour espérer des fruits.

Mains déposant des graines noires sur du terreau de semis dans une terrine
Semis des graines après leur passage au froid, sur un terreau fin. Illustration © Monde Végétal.

Repiquer en godet et passer le premier hiver

Repiquez chaque plantule dans son propre godet dès qu’elle porte 2 ou 3 vraies feuilles. Les vraies feuilles sont celles qui suivent les deux premières feuilles de germination. Manipulez la motte sans tirer sur la tige.

À ce stade, le sansho craint deux choses : les limaces et l’excès d’eau. Laissez sécher la surface du terreau entre deux arrosages. Au printemps, protégez les godets des limaces, qui coupent une plantule en une nuit.

Le premier hiver se passe sous châssis froid, un abri non chauffé qui coupe la pluie et le vent. La mise en pleine terre vient l’été suivant, une fois ce premier hiver passé.

Jeunes plants en godets alignés sous un châssis froid entrouvert, en fin d’automne
Jeunes plants repiqués en godets, à l’abri sous un châssis froid pour leur premier hiver. Illustration © Monde Végétal.

Peut-on cultiver le poivrier du Sichuan en pot ?

Oui pour un jeune plant, non pour un adulte. Le sansho est un arbuste de haie ou d’isolé, qui s’étale sur 1,5 à 2,5 m. En pot, il reste un plant d’attente, pendant ses premières saisons ou le temps de lui trouver une place au jardin.

Arrosez-le quand le terreau est sec sur 2 cm. Videz la soucoupe après chaque arrosage, car l’eau stagnante abîme ses racines. Une couche de compost au printemps suffit à le nourrir.

Le pot a deux autres limites. Un seul pied ne donne jamais de poivre : il faudrait deux bacs, un pied mâle et un pied femelle. Et la rusticité de −15 à −20 °C vaut pour la pleine terre ; nous n’avons trouvé aucun chiffre fiable sur le froid que supportent ses racines en bac.

Tige brun-gris de sansho hérissée d’épines par paires, avec une feuille composée aux folioles dentées en haut à droite
Rameau feuillé de sansho, au mont Fujiwara, au Japon. Photo : Alpsdake, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Pied mâle, pied femelle : la condition des fruits

Le sansho est dioïque : chaque plant porte des fleurs mâles ou des fleurs femelles. Seuls les pieds femelles font des fruits, et seulement avec un pied mâle à proximité. C’est le même casse-tête que pour l’argousier, autre arbuste dioïque.

Le sexe ne se voit pas sur un semis. Il se révèle à la première floraison, d’avril à juin, plusieurs années après la levée. Garder plusieurs plants issus du même semis reste la seule façon de réunir les deux sexes. Ne jetez donc aucun plant avant qu’il ait fleuri.

Une fois le sexe connu, multipliez le bon pied. Une bouture ou un drageon reproduit la plante mère, sexe compris. La Royal Horticultural Society conseille des boutures de bois semi-aoûté au milieu de l’été, avec chaleur de fond, ou des boutures de racines en fin d’hiver. Les drageons, eux, s’arrachent et se replantent au printemps.

Petites fleurs jaune-vert de sansho groupées sur un rameau
Fleurs de sansho au jardin botanique de l’université de Wrocław, en Pologne. Photo : Agnieszka Kwiecień, Nova, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Planter en pleine terre, loin des passages

Plantez en mars-avril ou en octobre-novembre, au soleil ou à mi-ombre légère. Laissez 1,5 m avec les autres arbustes et placez le collet au niveau du sol. Le sansho accepte les terres calcaires, limoneuses ou sableuses. Il refuse celles qui restent détrempées l’hiver.

Ses rameaux portent des épines par paires. Installez-le à l’écart des allées et des jeux d’enfants, et couvrez vos mains et vos avant-bras pour planter, tailler et cueillir. Cette défense en fait un bon candidat pour une haie, avec d’autres plantes pour haie rustiques.

En place, il supporte −15 à −20 °C et perd ses feuilles l’hiver. La première année, arrosez chaque semaine sans pluie, de mai à septembre, en mouillant toute la motte. Ensuite, seule une sécheresse prolongée demande de l’eau, et un paillis garde le sol frais. En fin d’hiver, retirez seulement le bois mort, abîmé ou croisé.

Rameau de sansho portant des épines par paires à la base des feuilles
Épines de sansho sur un rameau, au mont Fujiwara, au Japon. Photo : Alpsdake, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Récolter les coques en octobre et les feuilles au printemps

Sur un pied femelle, les grappes de fruits mûrissent en octobre. Cueillez-les quand les coques rougissent et s’ouvrent. Faites-les sécher, puis retirez les graines noires et dures, qui ne servent pas en cuisine. Seule la coque moulue donne au plat son goût citronné.

Les jeunes feuilles se cueillent au printemps et parfument les plats. Au Japon, ces pousses fraîches s’appellent kinome ; elles décorent les soupes ou accompagnent les pousses de bambou.

Le nom prête à confusion. L’épice vendue comme poivre du Sichuan vient surtout de deux espèces chinoises, Zanthoxylum bungeanum et Zanthoxylum simulans. Le sansho, Zanthoxylum piperitum, est leur proche parent japonais. Aucun n’est un vrai poivre : le genre appartient à la famille des Rutacées, celle des agrumes.

Fruits et feuilles composées de sansho, Zanthoxylum piperitum
Fruits et feuilles de sansho (Zanthoxylum piperitum). Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Gardez quelques graines noires de votre première récolte. Semées en octobre ou en novembre dans un pot laissé dehors l’hiver, elles feront la relève, avec la même levée lente et irrégulière.

0 commentaire

Laisser un commentaire