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Chêne Kermès (Quercus coccifera)

Le Chêne Kermès (Quercus coccifera) a de nombreux noms. On l’appelle aussi Chêne des garrigues, Chêne de Palestine, Chêne à cochenille ou encore Chêne-garrigue. Sans perler de ses autres noms en Occitan : Avaus, Garrolha, Agarrus ou tout simplement Garric.

Le Chêne kermès fait partie des différentes espèces de Chênes français qu’on peut rencontrer dans la Nature. Mais contrairement à ses cousins indigènes, il ne prend pas le port d’un arbre majestueux au tronc monumental. En effet, on pourrait plutôt parler de buisson chêne que de Chêne puisqu’il ne dépasse pas les 3 mètres de hauteur en moyenne.

C’est aussi une plante sauvage comestible et il possède certaines vertus médicinales. Toutefois, il a mauvaise réputation car il abrite une espèce de cochenille (Kermes vermilio). 

Si vous souhaitez découvrir cette plante sauvage française, voici le plan :

Comment identifier le Chêne kermès

Afin de reconnaître facilement le Chêne des Garrigues, je vous propose une description détaillée. J’ai aussi décidé de la séparer en plusieurs parties, ce qui facilitera l’identification de la plante. Ainsi, le port général, le feuillage, la floraison, la fructification sans oublier l’écorce et le tronc seront traitées tour à tour.

Port Général du Chêne Kermès

Comme je vous le disais dans l’introduction, Quercus coccifera n’a pas un port d’arbre classique. Il ne formera que rarement un tronc avec un houppier distinct mais plutôt un gros buisson.

Il a donc un port touffu et buissonnant et ne dépassera presque jamais les 3 mètres de hauteur. Ce qui en fait un arbuste et non un arbre. Quelques rares exceptions comme le Chêne de Mamré montrent toutefois qu’il peut atteindre une taille plus grande.

Feuillage du Chêne Kermès

Puisque le Chêne Kermès est une espèce au feuillage persistant, c’est-à-dire qu’il ne perd pas ses feuilles en hiver, vous pourrez vous baser sur cet élément d’identification tout au long de l’année. Attention toutefois à sa ressemblance avec les feuilles de Chêne Vert. Mais nous verrons ça dans la partie risques de confusions.

Les feuilles du Chêne Kermès arborent une belle couleur vert luisant sur les deux faces. Elles ont une forme oblongue ovale.

Pour des feuilles de Chênes, elles sont plutôt petites. Elles ont aussi une texture très coriace, assez épaisses et bordées de petites dents épineuses rappelant les feuilles de Houx.

Un pétiole court les rattache aux rameaux.

Floraison du Chêne des Garrigues

Comme pour les autres espèces de Chênes, le Chêne Kermès fait partie des espèces monoïques. C’est-à-dire que les chaque fleur est soit mâle, soit femelle, mais elles poussent sur le même individu.

Les fleurs mâles seront plus grandes que les fleurs femelles. Elles poussent aussi en forme de chaton de couleur jaune. 

Les fleurs femelles quant à elle, sont très petites, très discrètes et arborent une couleur rouge. Lorsqu’elles sont fécondées, elles forment les glands.

Enfin, si vous voulez observer ses fleurs, il faudra attendre le printemps puisque le Chêne Kermès ne fleurit que d’avril à mai.

Fruits : les glands du Chêne Kermès

Les glands du Chêne Kermès ont quelques caractéristiques bien à eux qui permettent facilement d’identifier cette espèce végétale.

Premièrement, la cupule. C’est l’élément qui entoure le gland et le relit au pédoncule. D’ailleurs le pédoncule est très court. La cupule quant à elle est couverte d’une multitude de petites écailles rigides et pointues.

Le gland, lui, a une forme oblong ou ovoïde. Il passe du vert lorsqu’il est jeune, au brun-marron lorsqu’il arrive à maturité. Aussi, il ne pousse que sur les rameaux de la seconde année.

Écorce et Tronc

Puisque le Chêne Kermès s’apparente plus à un arbuste qu’à un arbre, il n’aura donc pas de tronc monumental comme celui du Chêne Pédonculé ou du Chêne Sessile.

Le tronc de Quercus coccifera est court et il peut même en compter plusieurs.

Son écorce est de couleur gris brun foncé.

Où trouver du Chêne Kermès ?

Chez nous, le Chêne Kermès n’a pas une très grande aire de répartition. En effet, on ne le trouve pratiquement que dans le Sud de la France. Et plus précisément dans les régions du Midi de la France : Provence, Languedoc, Roussillon  Tarn ainsi que dans l’Aveyron. On le trouve exceptionnellement dans l’Ouest de la France, du côté de Bordeaux.

C’est autour des Calanques de Cassis que le Quercus coccifera est le plus présent en France.

En dehors de France, le Chêne Kermès pousse en Algérie, au Maroc, en Tunisie ainsi qu’en Grèce et en Turquie.

Quoiqu’il en soit, le Chêne Kermès est associé au milieu de la Garrigue d’où son nom de Chêne Garrigue. Il pousse donc principalement autour du Bassin Méditerranéen et on ne le trouvera pas au-dessus de l’Italie du Nord.

Le Chêne kermès est une espèce héliophile parfaitement adaptée aux fortes chaleurs et à la sécheresse. Il a donc besoin de températures chaudes pour se développer.

Il est aussi moins rustique que le Chêne Vert puisqu’il ne pousse pas au-dessus de 600 mètres d’altitude. Mais il a tendance à former de grands bosquets et des fourrés impénétrables. 

Enfin, il résiste bien aux incendies grâce à sa souche qui drageonne facilement et reprend bien après le passage du feu.

Comment utiliser le Chêne Kermès ?

Parmi les différentes espèces de Chênes sauvages de France, le Chêne Kermès est un des moins utilisés et ce pour plusieurs raisons. Mais il reste toutefois une plante comestible et médicinale même s’il était bien plus utilisé dans le passé.

Le Chêne Kermès et Cochenille

La principale raison du recul de l’utilisation du Chêne Kermès est intégralement liée à la Kermès. Et plus précisément à Kermes vermilio.

Kermes vermilio est une cochenille, un insecte parasitaire qui venant sucer la sève du végétal afin de s’en nourrir. Durant l’Antiquité, les Romains récoltaient les spécimens femelles, les faisaient sécher puis les broyaient afin de réaliser des teintures. La teinture rouge carmin obtenue servait ainsi à colorer les tissus.

Mais avec la découverte de la Cochenille du Mexique (Dactylopius coccus), puis des teintures synthétiques, le Chêne Kermès fut beaucoup moins utilisé.

Enfin, puisqu’il héberge des cochenilles, les Chênes Kermès ont tendance à se faire déraciner près des cultures. Le tout, afin d’éviter les risques de parasitages sur d’autres végétaux.

Manger du Chêne Kermès ?

Les glands du Chêne Kermès sont comestibles.

Mais comme tous les glands, ils sont riches en tanins. Pour rappel, les tanins sont des substances végétales toxiques qui servent de défense naturelles face aux herbivores, champignons et certaines bactéries.

Ils sont aussi responsables du goût amer des fruits. Pour profiter pleinement des glands du Chêne Kermès, il vous faudra donc les cuir dans plusieurs eaux de cuisson différentes jusqu’à ce que l’eau devienne claire.

Vous pourrez ensuite les consommer tels quels ou alors les réduite en morceaux afin d’en faire des bouillis ou de la farine pour du pâté de gland ou encore même des gâteaux de glands.

Plante médicinale oubliée

Jadis, nos ancêtres utilisaient le Chêne Kermès comme plante médicinale. Toutefois, il reste moins prisé que d’autres espèces du Sud de la France comme le Chêne Pubescent.

Mais le Chêne Kermès fait partie des plantes riches en tanins. Outre le fait que les tanins servent de défense naturelle à la plante contre les herbivores, ils ont aussi un certain attrait médicinal.

En effet, ils resserrent les tissus, peuvent limiter les diarrhées  mais il ne faut pas en abuser.

L’écorce est la partie la plus riche en tanins, suivit des glands puis des feuilles. 

Quelles sont les confuisions possibles ?

Bien qu’il existe des centaines d’espèces de Chêne à travers le monde, il vous sera toutefois difficile de confondre Quercus coccifera avec d’autres espèces en France.

Mais voici quelques espèces pouvant de loin, lui ressembler.

Quercus coccifera VS Quercus ilex

Le Chêne Kermès (Quercus coccifera) et le Chêne Vert (Quercus ilex) poussent dans les mêmes milieux. Ils ont aussi quelques caractéristiques similaires comme les feuilles comportant de petites épines ou encore le feuillage persistant. Mais ce sont deux plantes bien différentes tant par la taille que par les feuilles ou même les glands. Le Chêne Vert sera beaucoup plus grand, dépassant facilement les 10 mètres.

Le dessous de ses feuilles est aussi beaucoup plus clair que celui des feuilles du Chêne Kermès. Enfin, la cupule des glands du Chêne Vert n’a pas les écailles épineuses du Chêne Kermès.

Quercus coccifera VS Berberis aquifolium

Berberis aquifolium (Mahonia à feuilles de Houx) et Quercus coccifera peuvent se ressembler pour des yeux non experts. Toutefois, ce sont deux plantes de deux familles différentes et ne vivant pas dans les mêmes milieux naturels. Le Mahonia à feuilles de Houx aura des fleurs jaunes en épis et un port beaucoup plus structuré que Quercus coccifera. Enfin, le Mahonia à feuilles de houx sera principalement utilisé comme plante ornementale et même s’il se naturalise en Europe, il reste assez peu commun à l’état sauvage.

Quercus coccifera VS Osmanthus heterophyllus

Osmanthus heterophyllus est une autre plante ornementale qu’on utilise dans les massifs des parcs et jardins. En français, l’Osmanthe à feuilles variables possède une taille et des feuilles pouvant rappeler de loin le Chêne Kermès. Mais ses fleurs blanches lèvent totalement le doute. Aussi, ce n’est pas une plante qui pousse dans le milieu de la Garrigue, beaucoup trop sec pour elle.

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