Parmi nos palmiers, le Mazari est le plus rustique. Adulte et installé en sol sec, il supporte des gelées d’environ −12 °C. Le palmier des Canaries et le palmier bleu du Mexique tiennent vers −10 °C. Le palmier jupon du Mexique descend vers −8 °C, le dattier nain guère sous −3 °C. Ces seuils valent pour un adulte en pleine terre, par froid sec et bref. Un jeune plant issu de semis, lui, passe ses premiers hivers hors gel.
Le classement de six palmiers, du plus rustique au plus frileux
Le tableau range nos six palmiers selon le froid que supporte un adulte bien enraciné, d’après les sources citées dans chaque partie. La troisième colonne reprend nos fiches, car c’est elle qui compte pour un semis ou un pot.
| Palmier | Adulte en pleine terre (seuil cité) | Jeune plant ou pot (nos fiches) | Point faible |
|---|---|---|---|
| Palmier Mazari (Nannorrhops ritchieana) | environ −12 °C | hors gel les premières années | l’humidité froide de l’hiver |
| Palmier dattier (Phoenix dactylifera) | jusqu’à −12 °C selon Wikipédia | hors gel l’hiver, surtout jeune | palmes abîmées dès les premières gelées selon notre fiche |
| Palmier des Canaries (Phoenix canariensis) | −10 à −12 °C, palmes abîmées dès −6 °C | hors gel | le froid prolongé et humide |
| Palmier bleu du Mexique (Brahea armata) | −10 °C | abri lumineux entre 5 et 15 °C, au moins trois hivers | un terreau détrempé l’hiver |
| Palmier jupon du Mexique (Washingtonia robusta) | environ −8 °C | sous abri au moins deux hivers | des jeunes plants très sensibles |
| Dattier nain (Phoenix roebelenii) | −3 °C | rentré avant les premières gelées | tout gel qui dure |
Deux palmiers manquent ici, alors qu’on les voit dans beaucoup de jardins français. Le palmier chanvre (Trachycarpus fortunei) résiste de −15 à −18 °C selon la fiche Wikipédia du palmier chanvre. Son feuillage souffre pourtant dès −12 °C, et ses jeunes plants dès −8 °C. Le palmier nain (Chamaerops humilis) tient −12 °C en gel bref et pousse à l’état sauvage dans l’Aude. Nous n’en proposons pas les graines. Pour un jardin du Nord ou de l’Est, ce sont pourtant eux qu’il faut regarder en premier.
Ce que veut dire un seuil de gel pour un palmier
Un chiffre de rusticité décrit un palmier adulte et bien enraciné, après une nuit de gel suivie d’un jour plus doux. Prenez le palmier des Canaries. D’après l’article Wikipédia sur le palmier des Canaries, ses palmes peuvent souffrir dès −6 °C quand le dégel tarde plusieurs jours. L’espèce résiste en outre assez mal aux froids prolongés et humides, donc la durée du gel compte autant que le thermomètre.

L’âge change tout. Selon Wikipédia, les jeunes palmiers des Canaries, sans vrai tronc, gèlent plus facilement que les adultes. Même le palmier chanvre souffre dès −8 °C quand il est jeune. Toutes nos fiches gardent donc les semis hors gel les premières années, Mazari compris.
Le bourgeon central, enfin, est la seule partie que le palmier ne remplace pas. Des palmes brûlées se coupent au printemps, et de nouvelles sortent du centre. Un bourgeon gelé ou coupé, lui, fait mourir le palmier, comme le rappellent nos fiches.
Palmier Mazari : environ −12 °C adulte, en sol sec
Le palmier Mazari pousse dans les régions sèches d’Afghanistan, d’Iran, du Pakistan et d’Arabie. Il y monte jusqu’à 1 600 m d’altitude, selon la page Wikipédia du genre Nannorrhops. La même source le range parmi les palmiers les plus rustiques, vers −12 °C. Il lui faut pourtant des étés très chauds pour bien pousser.

En France, son vrai ennemi est l’humidité froide, bien plus que le thermomètre. Plantez-le en plein soleil, dans un sol léger où l’eau ne stagne jamais en hiver. Si la terre retient l’eau, mêlez-y au moins un tiers de sable grossier ou de gravier. Il forme alors une touffe de palmes en éventail vert-gris, haute de 2 à 5 m et de croissance lente.
Détail curieux, chaque tige de la touffe meurt après sa floraison, puis la plante repart des rejets nés à sa base. Un Mazari qui fleurit ne disparaît donc pas.
Pour le semis, retirez la pulpe et laissez tremper les graines 24 à 48 h, en changeant l’eau chaque jour. Semez de mars à juin sous 1 à 2 cm de mélange drainant, à 25 à 30 °C. Les plantules sortent une à une, sur 1 à 3 mois. Toutes les graines ne lèvent pas.
Palmier des Canaries et palmier dattier : rustiques une fois adultes
Palmier des Canaries : vers −10 °C, palmes abîmées dès −6 °C
Le palmier des Canaries se cultive là où il gèle rarement sous −10 ou −12 °C de façon durable, selon la version anglaise de Wikipédia. Notre fiche se montre plus prudente. Un adulte n’y supporte que de brèves gelées légères, et les jeunes plants restent hors gel. En France, on le voit surtout sur la Côte d’Azur et le pourtour méditerranéen, et il se répand au Pays basque et en Bretagne.

Le froid n’est pas sa seule limite. Le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus) est signalé dans le Var depuis 2006. Il menace ce palmier en zone méditerranéenne et peut le tuer. Prévoyez enfin la place : l’adulte dépasse 12 m de haut et 8 m de large, atteints en 20 à 50 ans.
Palmier dattier : jusqu’à −12 °C selon les sources, prudence en pot
Le palmier dattier résiste au froid jusqu’à −12 °C, selon la version française de Wikipédia. Elle le dit rustique en pleine terre sur la Côte d’Azur et la côte d’Améthyste. Notre fiche voit les choses autrement. Ses palmes s’y abîment dès les premières gelées, et le pot passe l’hiver hors gel, surtout quand le palmier est jeune.

Les deux avis se rejoignent sur un point. Un dattier issu de semis passe des années en grand pot avant la pleine terre. N’attendez pas de dattes. En France, elles mûrissent rarement, faute d’étés assez chauds et secs. Pour comparer les autres dattiers, voyez notre article sur toutes les espèces de palmiers Phoenix.
Palmier bleu et palmier jupon du Mexique : pour les régions presque sans gel
Palmier bleu du Mexique : −10 °C adulte, trois hivers sous abri
Le palmier bleu du Mexique supporte jusqu’à −10 °C une fois adulte, selon Wikipédia. Sa croissance est si lente qu’il reste longtemps jeune, donc fragile. Notre fiche conseille de l’hiverner dans un abri lumineux, entre 5 et 15 °C. Comptez au moins ses trois premiers hivers.

En pleine terre, réservez-le aux régions presque sans gel, au soleil et au sec. Il accepte les sols pauvres et calcaires, mais un terreau détrempé en hiver fait pourrir ses racines. Ses pétioles portent des épines : sortez les gants pour le manipuler.
Palmier jupon du Mexique : environ −8 °C, mais une croissance rapide
Le palmier jupon du Mexique est le moins rustique des grands palmiers de cette liste. Wikipédia en anglais lui prête environ −8 °C, sans citer de source. Notre fiche dit la même chose autrement. Seuls les sujets âgés supportent de courtes gelées légères, en climat doux.

Il rattrape vite le temps perdu. La levée prend 2 à 6 semaines. En pleine terre, il dépasse 12 m en 10 à 20 ans. Gardez-le sous abri au moins deux hivers, puis plantez-le à la fin du printemps, après les gelées. Protégez-le encore ses deux premiers hivers dehors.
Dattier nain : aucun gel, un palmier de véranda
Le dattier nain est le plus frileux de nos palmiers. Wikipédia lui donne un minimum de −3 °C, et notre fiche demande de le rentrer avant les premières gelées. Dehors toute l’année, il ne vit que sous un climat sans gel.

En échange, il se plaît des années dans une pièce très lumineuse ou une véranda, loin des radiateurs. Il atteint 2 à 5 m en pleine terre, bien moins en pot, et pousse lentement. Sortez-le l’été au soleil doux, puis rentrez-le dès que l’automne annonce les premières nuits froides.
Passer les premiers hivers, du pot à la pleine terre
Un semis de l’année ne supporte pas le gel, même chez le Mazari. Voici les étapes communes à nos fiches pour amener un jeune palmier jusqu’à la pleine terre.
- Hivernez le pot dans un abri lumineux et hors gel, entre 5 et 15 °C pour le palmier bleu du Mexique, et arrosez très peu : un substrat froid et détrempé fait pourrir les racines.
- Gardez ce rythme au moins deux hivers pour le palmier jupon, trois pour le palmier bleu, et plusieurs années pour le Mazari et les Phoenix.
- Plantez au printemps, après les dernières gelées, un sujet bien enraciné mais encore jeune : il s’installe mieux qu’un gros.
- Choisissez le plein soleil, à l’abri des vents froids, dans un sol où l’eau ne stagne jamais ; mêlez au moins un tiers de sable grossier ou de gravier à une terre lourde.
- Les deux premiers hivers dehors, couvrez le palmier d’un voile d’hivernage les nuits de gel, sans écraser le bourgeon central, et retirez-le au redoux.
- Au printemps, coupez seulement les palmes sèches, à la base et avec des gants, sans jamais toucher au bourgeon central.

Sous abri, l’air sec attire cochenilles et acariens, alors inspectez le revers des palmes tout l’hiver. Si des palmes jaunissent, le froid n’est pas toujours en cause. Lisez pourquoi un palmier jaunit avant de couper quoi que ce soit.
Pour un premier palmier de pleine terre, semez le Mazari dès mars. Il lui faudra plusieurs hivers sous abri. Une fois adulte, c’est pourtant lui qui ira le plus loin dans le froid.
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